Je travaille depuis mars dans un entrepôt de fruits et légumes à Tilst, au nord-ouest d'Aarhus. C'est purement alimentaire.

Au Danemark, tout se fait par le réseau. Ainsi, j'ai envoyé une tonne de CV dans toute la région. Rien, que dalle ! Mais un jour, une camarade de mes cours de danois avec qui j'ai parlé deux fois me dit

Je m'en vais au Canada quelques mois étudier un truc pour ma thèse sur le climat. Tu veux mon job ?

Devinez quelle fut ma réponse.

Quelques jours après, nous nous rendons à l’entrepôt, et elle me montre les bases du boulot. À la fin, le contremaître me dit simplement :

La prochaine fois, tu viens avec ta yellow card, ton permis de travail et ton numéro de compte bancaire.

Et c'est tout !

Il y a environ un mois, ce même contremaître me dit que je ne suis pas assez rapide. Quelque chose dont j'étais parfaitement conscient.

Demain, tu bosses avec K… Il te montrera quelques trucs pour aller plus vite et être plus efficace.

Aussi bizarre que ça puisse paraître, j'étais très content de cela.

En France, le patron, le chef d'équipe, ou n'importe qui d'autre, me dirait simplement que je ne suis pas assez rapide, une fois, deux fois, puis « La porte, elle est là… » C'est du moins l'impression que nous avons. Les patrons français jouent beaucoup avec le management par le stress. Et nous ne leur faisons plus confiance…

Ici, j'ai vraiment l'impression que si t'es à la ramasse, on essaye d'abord de te permettre de t'améliorer et de travailler mieux, plutôt que de te presser comme un citron.