Oyé Oyé. Je viens devant vous dire cette colère, cette sombre amertume qui parfois me ronge. Je n’appelle pas la pitié, mais bien la compréhension, l’acceptation, la compassion.

Car il y a toujours au fond de moi comme un vide. Une place pour qui veut la prendre.

Car on a tous besoin d’amour. Et j’ai moi-même tellement d’amour à donner.

Marchant dans la rue, à côté de couples d’amoureux, main dans la main, et sourire sur le visage, au plus profond de mon esprit, une voix susurre : “Hum hum… Pas pour toi.”

Hello darkness my old friend. I’ve come to talk with you again…

La plupart des gens n’ont aucune idée des monstres et démons, des pensées noires et profondes cachées ici bas. Ni de la facilité à les reveiller. Et des dégâts qu’ils peuvent causer.

Je m’imagine constamment en train de jeter un verre sur le mur, et m’écrouler à genoux, pleurant de douleur.

Mais tu es si intelligent, gentil, affectueux. Toujours prêt à aider. Tu peux avoir une petite amie quand tu veux. Celle qui saura te comprendre sera tellement chanceuse.

C’est ce qu’iels disent tou.e.s.

Au cours de ma vie avec Asperger, j’ai appris à masquer, à cacher. Et quand le masque tombe, on découvre cette personne, heureuse, pleine d’humour, qui sourit à la vie.

Oui, c’est moi.

Le vrai moi. Ce moi, caché, protégé sous X couches de normalité, pour passer dans la foule. Alors que j’écris ces lignes, des larmes coulent sur mes joues, comme une rivière de colère rompant un barrage trop longtemps gardé…

Je sais que je ne devrais pas laisser l’amertume gagner. On doit montrer son meilleur coté. Son côté lumineux, que tout le monde aime. Ce visage sous le masque. Mais régulièrement, le côté sombre se réveille et hurle silencieusement : “Quand donc viendra mon tour ? Pourquoi devrais-je être si gentil, si attentionné, si personne ne m’aide, si personne ne m’aime ?”

Parce que vous avez le sentiment qu’aimer quelqu’un devrait être un droit fondamental de l’Humain. Comme l’air ou l’eau.
Parce que c’est ce qui fait de nous des humains.
Parce que c’est ce qui nous permet de ne pas sombrer dans la folie, et de lancer d’innocents verres dans les murs.

L'Amour est un Droit Humain.

Aime toi.

Tombe le masque. Tu rayonneras de bonheur et attireras celle qui t’es destinée.

Bah… Je sors, régulièrement. Je m’investis, j’ai toujours des idées plein la tête et des projets sur la table. Et pourtant, il y a toujours ce vide au fond de moi. Comme s’il me manquait quelque chose, qu’importe comment j’essaye de le remplir, qu’importe comment j’essaye de construire mon propre bonheur.

Mais personne n’est venue. J’ai envie de laisser jouer la chance. Croiser, rencontrer quelqu’un, naturellement, sans forcer, et laisser monter l’envie de se connaître. Mais il ne semble pas que cette chance soit de mon côté.

Tu trouves quelqu’un quand tu n’as plus besoin d’elle.

Bah pourquoi je voudrais être avec elle alors ? Et vous dîtes que je devrais être plus zen ? Prendre les choses plus calmement ? Durant les cinq dernières années, j’étais écrasé sous un stress que peu de gens osent même imaginer. Je vous jure, j’aurais adoré avoir quelqu’un. Puis, quand je vais bien, à l’aise dans ma vie, dans ma peau, tout d’un coup il y en a une qui se pointera comme ça, la fleur au fusil l’air de dire que je suis tout pour elle ?

Mais t’étais où ces cinq dernières années ? T’étais où quand j’avais besoin de toi ?

Vous dîtes que les hommes devraient parler aux femmes avec respect, au lieu de juste courir après le sexe. Peut-être que je ne veux pas vous parler. Mais je ne suis pas juste en train de courir après le sexe non plus.

Et de toute façon, pourquoi voudrais-je vous parler ? Asperger m’a donné cette étrangeté, cette maladresse sociale qui fait que je ne m’ouvre que lorsque je suis à l’aise. Et je panique à chaque fois que je rencontre quelqu’un qui me plaît rien qu’un peu.

Non. Ce que je veux, ce que les hommes veulent (je crois) derrière cette course stupide vers le sexe, c’est l’intimité.

Je veux te serrer dans mes bras, me pelotonner contre toi, contre ta douce chaleur, comme un chat. Je veux pouvoir abandonner ce stress, cette peine dans tes bras et oublier que durant un temps qui m’a semblé une éternité, personne ne m’aimait, sauf le chat.

Et le chat est mort…