Hier, je suis allé voir Blanche-Neige et le chasseur au cinéma.

Le film est une libre interprétation du conte médiéval originel… très libre d'ailleurs !

On y retrouve une princesse d'une naïveté touchante, pouvant communiquer de manière quasi inconsciente et télépathique avec les forces de la nature (un piaf à l'aile brisée, un cheval que tu te demandes ce qu'il fait là… un troll, espèce de monstre arbre/pierre), mais qui en deux secondes se jette dans un égout dans une superbe glissade (quand l'humain standard même pas prince hésiterait trois fois et irait à reculons ou se casserait une jambe…) et qui plus tard se transforme en un chef de guerre déplaçant des hommes par milliers avec une harangue bancale et lançant des plans stratégiques digne d'Ulysse (on va envoyer les nains refaire le coup du cheval de Troie par les égouts…).

Mais où a-t-elle appris tout cela ?

Les héros masculins (un et demi, puisque l'un, le chasseur du titre est présent du début à la fin, l'autre n'agit qu'a partir du milieu) sont pour le premier un homme brisé par la guerre, noyant sa déchéance dans la boisson pour tenter d'oublier sa femme, qu'il a tué par cette même boisson… l'autre un amoureux transi (enfin, vous êtes amoureux vous d'une fillette de dix ans que vous n'avez pas revu depuis des années ?) adolescent ayant trop de flammes et de testostérone à dépenser (comme finalement beaucoup d'ados, mêmes tardifs !).

Les nains sont grossiers et voleurs de grands chemins et non travailleurs (sic, v'la la morale !) dans une mine…

On a malgré tout un superbe moment au milieu du film, avec un intermède lumineux, une sorte d'ode à la vie, l'amour, la paix. Ma moitié a adoré bien sûr, puisqu'il y avait des animaux, de gentils lapins, des oiseaux, des renards gambadant dans l'herbe et le clou du spectacle : un cerf blanc avec des bois géants, divinité de la forêt qui se laisse approcher par Blanche-Neige, par son innocence, son pouvoir secret.

Car finalement, c'est cela Blanche-Neige : elle est la vie (comme Leeloo dans le Cinquième Élément tiens !) tandis que la reine sa belle-mère est la mort…

Ravenna, la reine est une sorcière qui dévore la vie de ce qui l'entoure : elle boit la vie de ses prisonniers pour ne pas vieillir, mais sa magie et son ego la consument de l'intérieur. Et pour conserver sa jeunesse, elle doit prendre le cœur de celle qui est sa rivale, du moins dans son esprit : la plus-belle Blanche-Neige, cœur de vie et d'énergie, plus vivant que les autres humains qu'elle vampirise…

À un moment, on retrouve le fameux épisode de la pomme, vachement détourné : la reine se présente à Blanche-Neige comme son amoureux, joue avec elle et Blanche-Neige, naïve, marche dedans et croque la pomme en se rendant compte au même moment et en temps réel de la tromperie. Même pas pu caser, en esprit, ma blague favorite :

Blanche-Neige, veux-tu une pomme ? Bien rouge et juteuse ?
- Non, je préfère les vertes !

Les effets spéciaux, en particulier le miroir magique et les effets de magie de la reine sont bien fais je trouve.

Mais le film est truffé de références ou de resucées à peine voilées : Le Seigneur des anneaux pour les créatures magiques, les nains, les trolls et les scènes de guerre, Twillight, Robin des bois…

Au final, un film banal : on aurait pu faire mieux avec un budget de 170 millions de dollars, mais on a pas voulu, c'était trop dûr ! N'est pas artiste qui veut ! Une interprétation trop libre du conte (Blanche-Neige n'est pas chef de guerre !). Et le spectateur est un peu déçu. C'est du moins mon cas !